Retour le 5 Février à Fouquereuil que nous avions quitté le 28 Octobre.
Notre périple, 16.000km en 3 mois, nous a emmené au Kenya à Nairobi après avoir traversé Italie, Grèce, Turquie, Syrie, Jordanie, Egypte, Soudan et Ethiopie.
Nous avons la tête pleine d’images, de souvenirs, d’impressions, d’anecdotes.
Tous les jours ont été une aventure.
Arriver en voiture jusqu’à Sultanhammet à Istambul, bivouaquer sous les cheminées de fées en Cappadoce, traverser Alep pour y découvrir la forteresse, traîner dans les souks à la recherche de savon
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Se baigner dans l’Euphrate prés d’un vieux ksar, arpenter le gigantesque caravansérail de Rusafa dans le désert
syrien, voir un lever de soleil sur les ruines de Palmyre et imaginer le site du temps de la splendeur de Zénobie. Boire un café au pied des gigantesques roues à aube d’Hama, parcourir donjons,
cours et chapelles du Krak des Chevaliers. Trouver le camping de Damas et le taxi qui nous emmène à la mosquée des Omeyyades, admirer les tombeaux de St Jean Baptiste et de Saladin.

Flaner dans le souk et s’y étonner du nombre de boutiques de lingerie coquine tandis que les femmes intégralement voilées s’y pressent. Goûter dans un petit resto un kebab ou des mézzés.
Trouver en fin d’après midi un bon endroit de bivouac. Pas facile dans les zones peuplées où à chaque arrêt une cohorte de curieux nous encercle. Essayer de recevoir gentiment le militaire ou le policier qui à 23h, en plein sommeil, veut vous déloger pour des raisons de sécurité. Des bivouacs frisquets au début, il gèle bien la nuit dans ces pays !
Chercher le petit garage pour réparer une roue crevée, trouver du pain, des légumes, de l’eau.
Extraordinaire gentillesse des syriens disponibles et désintéressés (ce ne sera pas le cas partout).
Coucher de soleil et bivouac à -400m au bord de la Mer Morte. Magnifique route dans les montagnes de Jordanie vers la forteresse de Renaud de Chatillon à Kerak. Emerveillement à Petra, balade dans le Wadi Rum et bivouac au pied des roches rouges hantées par Lawrence.
Une petite pause de deux jours en Egypte sur le golfe d’Aqaba. Austérité du monastère de Sainte Catherine, un bel effort pour gravir le Mont Sinaï et arriver aux portes du Purgatoire.

Effort d’un autre genre que la traversée du Caire en voiture un œil sur le GPS tandis que l’autre ne suffit pas pour tout voir dans cette circulation démente. Déception d’une ville très sale, polluée à outrance, à l’architecture banale où même les pyramides sont noyées dans le fog et les odeurs d’égout. Richesse du musée Mariette, découvert de l’art pharaonique, admiration de Toutankamon.
Le rêve continue sur la route des oasis, une escapade dans le Désert Blanc pour mettre ses roues dans le sable sous l’œil craintif d’un fennec. Drôle de sensation que d’aller acheter du pain entouré de deux policiers en arme. Pour votre sécurité…


Les felouques nonchalantes sur le Nil, les temples, la vallée des rois, une promenade dans ce passé étonnant en compagnie d’Horus et Anubis mes préférés. En dehors du temps en essayant de faire revivre ce passé sur la route d’Assouan. Imaginer l’Egypte de Pharaon. Emotion à la découverte de Philae depuis une felouque.

Impression d’être un migrant sur le bateau qui, sur le lac Nasser, nous emmène d’Assouan à Wadi Halfa au Soudan. Promiscuité avec le monde arabe dans lequel nous sommes immergés. Lever de soleil sur Abou Simbel. No comment !
Rencontres. Les endroits, bivouacs, campings, cours d’hôtels où nous retrouvons les routards qui comme nous vont vers le sud ou en viennent. A pieds, en vélo, en tandem (Michel et Danielle, 11.000km depuis St Etienne), en 4x4, en moto, en camion ou en camping car. Des allemands, anglais, hollandais, sud africains, très peu de français. Un paraplégique seul dans un 4x4 adapté, un écossais qui met son kilt pour la douane, des retraités, des jeunes qui prennent une année sabbatique, des familles, des solitaires. Une tribu improbable qui migre chacune à son rythme. C’est là que nous partageons infos diverses, combines et bons plans.
Rencontres. Les 3 écoliers qui à Alep nous parlent en français, le vendeur de jus de papaye qui à Goréme nous fait bivouaquer dans le Parc National, le vieux syrien en pétrolette qui nous montre un joli coin de bivouac, le gamin déluré qui vend des strings sur le trottoir à Damas, le chauffeur de taxi chrétien au Caire qui nous montre sa ville, les petits bergers étonnés qui ne restent pas longtemps craintifs, les gamines qui approchent avec un panier d’oranges sur la tête. Daniel qui dans le désert Danakil nous aidera à régler le problème de voiture, Ibrahim qui a Berhale nous tiendra compagnie et nous invitera à la cérémonie du café, Steven l’infirmier d’Omorate qui rêve de devenir médecin. Et puis en Ethiopie tous ces enfants de la misère qui viennent voir le farandji, l’étranger. Le Pére Steven missionnaire au nord du lac Turkana au milieu de nulle part. Abdou le gamin qui veut parler anglais et voir ce qu’est un ordinateur. Et tous ces regards croisés au fil des pistes avec souvent une interrogation dans les yeux.

Le Soudan tout calme qui nous accueille par des « welcome » enthousiastes. Wadi Halfa port lacustre du bout du monde ne vivant que du bateau hebdomadaire.Il a fallu berner le gabelou soudanais pour entrer illégalement notre sacro-saint Pastis ; les soutiens gorges suspendus dans la cellule inhibent les velléités fouineuses du douanier arabe. Merowe , ses trois petites pyramides et son temple disparu, Meroé et ses petites pyramides à entrée a demi noyées dans le sable souvenirs des pharaons noirs. Khartoum la mythique et sa mauvaise réputation. Le confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu.
Entrée en Ethiopie. Brutale césure. Les dieux ne sont pas les mêmes. Les femmes sont nombreuses, sans voiles. Crucifix sur les poitrines, églises aux couleurs vives, psaumes et processions. De la bière dans les boutiques !
Rues, routes et pistes encombrées d’hommes, femmes et enfants marchant, marchant, marchant. Accompagnés de leurs troupeaux de bovins, biquettes et ânes. Tous circulent en maîtres de la route, le véhicule n’étant que toléré. Priorité au bourricot ! Du lever au coucher du soleil, sur toutes les routes et chemins c’est un continuel va et vient. On se demande où ils vont de leur pas rapide, souvent pieds nus, plus ou moins chargés. Pourquoi mènent ils ainsi leurs troupeaux dans ce qui semble être une quête perpétuelle. Car ils marchent la main tendue.

Souvent le premier mot est « give me ». Pas facile d’être harcelé de « give me » au milieu de la misère. Pauvreté, dénuement, enfants en haillons, habitat rudimentaire. « Give me ».
On vend dans de misérables échoppes des bouteilles d’eau en plastique vides pour emporter l’eau de la journée. « Give me ».
Et tous se retrouvent pour un pèlerinage, une prière, la messe.
Noël à Lalibella. Foule autour des églises monolithiques. Voile blanc des femmes pour la messe, chasuble jaune des prêtres, ombrelles pour le soleil, bâtons de prière. Un petit feu pour chauffer la soupe, une couverture sur le sol pour dormir, les pèlerins affluent. Ferveur dans les églises décorées de fresques où les personnages ont le visage mangé par de grands yeux.
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Paysages époustouflants de montagnes, de lacs, de cultures et de villages de cases. Falaises abruptes et collines douces, les îles du lac Tana et leurs monastères, les églises perchées sur des pitons, pistes vertigineuses et vallées encaissées.
Une caravane de 1000 chameaux chargés de plaques de sel remonte de la dépression du désert Danakil. Là où entre les lacs de sel les volcans actifs offrent le spectacle grandiose de geysers et fumerolles sur un sol de soufre aux couleurs étonnantes.
Les militaires en tenue de combat sont répartis dans les voitures. L’Erythrée n’est pas loin et le touriste a une bonne valeur d’échange… De pauvres bougres taillent les plaques de sel et chargent les chameaux sous un soleil de plomb.
Panne d’embrayage au milieu de tout cela. Rapatriement aventureux de la voiture chargée sur un camion pas plus grand qu’elle. Attente à Berhale, Bagdad Café du désert envahi de mouches, de gosses « give me » et de chaleur. La nuit sur une mauvaise piste avec notre camion sur un camion.

Addis Abeba sur les collines à 2600m d’altitude. Beauté des ethiopiens du nord, concentration exceptionnelle de filles splendides, minces et élancées. La gare du chemin de fer djiboutoethiopien qui ne fonctionne plus. Le palais d’Haïlé Sélassié. Voitures hors d’age et 4x4 rutilants des ONG.
Les tribus de l’Omo. Des siècles de traditions pour la peinture des visages et des corps. Femmes à plateau, oreilles percées, scarifications. Mursis, hammers, surmas, dassanetchs. Mais le tourisme a dévoyé ces peuples qui maintenant montrent leur visage exclusivement contre de l’argent. « Give me ». Fond d’agressivité, main tendue, kalachnikov sur l’épaule. Zoo humain, prostituées et voyeurs. Ambiance de peep show. La fuite.
Plus d’authenticité dans les marchés colorés et vivants. Marchandage, achat, sourire. Plus sain comme rapport et contact.

Souvenir ému du petit garçon hammer très beau qui dansait prés dela voiture en écoutant Bob Marley. Il était superbe avec ses peintures. Pas de photo.
Trois jours à Omorate au bord de l’Omo. Remise en ordre de la
pharmacie du dispensaire. Hébergé chez les policiers qui punissent par le fouet le voyou du village. Une femme surprise en se découvrant dans le miroir du rétroviseur. Un ragoût de biquette au
bistro sous la surveillance d’un ouistiti.
Un bac improbable pour traverser le fleuve. Piste de fechfech vers le Kenya. Bergers à kalachnikov. Parait il pour régler les conflits de voisinage… Chaleur de four sur les rives désertiques du lac Turkana. Une source, des palmiers, trois jours de repos. Baignade et farniente.
Des routes kenyanes dont le goudron n’est qu’un lointain souvenir. Dur pour les fesses et la mécanique. Le plus mauvais pain depuis le départ. Les rhinocéros, les zèbres et les girafes du parc de Nakuru. Bivouac au milieu d’un troupeau de buffles.
Nairobi. Belle ville très étendue sur des collines dans la verdure.
Mécanique, lessive, visas, billets d’avion.
Aller retour pour continuer vers le Cap en Novembre.

Il y a eu les tracasseries de passages de frontières. Schengen ne nous a pas habitué à toutes ces paperasseries byzantines qui s’accumulent et se répètent. Trouver la police, la douane, relapolice, le caissier pour une taxe, le bureau d’assurance, la caisse du bureau d’assurance, le médecin qui prend la température, le bureau du traducteur, repasser à la police, faire vérifier le tampon de la douane, vérifier le numéro du moteur, du chassis qu’on avait oublié et retourner à la douane, faire du change pour payer une énième taxe… Trois heures pour les plus rapides. Deux jours de formalités pour quitter l’Egypte !

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? L’entrée en Egypte nécessite le passage dans 9 bureaux différents ! Ubu chez Kafka.
Inutile de manifester impatience ou agacement. Il vaut mieux dépenser son énergie à la pêche aux infos pour savoir où se trouve le bon bureau, quels documents sont nécessaires, etc…
Idem pour les visas. Trouver l’ambassade, y retourner car elle était fermée, arriver à l’heure de la prière où tout le monde est absent. Récupérer auprès d’autres routards des modèles de fausses invitations, de permis de circuler ou autre. Se lancer dans la fabrication de faux papiers avec l’ordinateur, courir en ville à la recherche d’une imprimante…
Et trembler un peu en espérant que le douanier ou l’ambassade ne découvriront pas la supercherie.
Approvisionnements divers assez faciles. Partout on trouve pain, fruits et légumes et eau. On
change sept fois
de monnaie. On parle rarement la langue, on parle
avec les yeux et les mains. Pas facile pour marchander ou simplement pour payer le prix juste. Gentillesse des gens qui essayent de nous comprendre ou qui nous indiquent la
boulangerie recherchée. Sourires étonnés des marchandes, gamins curieux, cohue autour de ces étrangers bizarres.
Tous les jours ont été une aventure.
Choisir la route, s’approvisionner, changer de monnaie, faire les formalités, trouver un endroit de bivouac, découvrir, apprécier, fuir devant une foule envahissante, admirer…
Faire un grand voyage pour les yeux, le cœur et l’âme.
Et reprendre la route l’an prochain à la poursuite du rêve.
ndons en bas de la dune. J’ouvre ma tente et nous le rentrons pour le déshabiller, faire le bilan et le réchauffer. Suspicion de pneumothorax mais il
sature à 92%. Perfusion, couvertures.
escarpées, ambiance latino. La maison de Pablo Neruda, les funiculaires.
Malheureusement je n'irais pas dans les grandes dunes
d'Atacama.